Ces principes orientent les activités des membres du LabArc et de leurs collaborateurs. Ils rappellent que les vestiges, les contextes, les archives et les données archéologiques constituent des ressources irremplaçables, confiées à la responsabilité collective.
01
Intendance
Le patrimoine archéologique — matériel conservé in situ, sites, collections, documents et rapports — est irremplaçable. Il appartient à tous les archéologues du LabArc d’œuvrer à sa protection et à sa conservation à long terme, notamment par une gestion rigoureuse de l’enregistrement archéologique.
Les archéologues sont à la fois les gardiens et les défenseurs de cette documentation, au bénéfice de tous les peuples. Leurs compétences spécialisées doivent contribuer à améliorer la compréhension du public et à susciter son soutien en faveur de la préservation durable du patrimoine.
02
Responsabilisation
La recherche archéologique, à tous les niveaux de l’activité professionnelle, exige des membres du LabArc et de leurs collaborateurs extérieurs qu’ils reconnaissent leur responsabilité envers la collectivité et qu’ils déploient tous les efforts raisonnables pour exercer leur activité avec sérieux, transparence et intégrité.
03
Commercialisation
L’achat et la vente d’objets issus de contextes archéologiques contribuent à la destruction de l’enregistrement archéologique, au Gabon comme ailleurs. La transformation de ces objets en biens destinés au plaisir ou au profit personnel entraîne souvent la dégradation des sites et la perte des informations contextuelles indispensables à leur compréhension scientifique.
Les archéologues doivent donc évaluer avec prudence les bénéfices scientifiques d’un projet au regard du risque d’accroître la valeur marchande des objets étudiés. Ils doivent décourager et éviter, chaque fois que possible, les activités susceptibles de renforcer cette valeur, notamment lorsque les objets ne sont pas conservés dans des institutions publiques ou ne sont pas aisément accessibles à la recherche, à l’interprétation et à la présentation au public.
04
Éducation et sensibilisation du public
Les archéologues doivent participer aux efforts de coopération avec les personnes et les institutions concernées par les données archéologiques, afin d’améliorer leur préservation, leur protection et leur interprétation.
Ils s’engagent notamment à :
- obtenir l’appui du public en faveur d’une gestion responsable de l’enregistrement archéologique ;
- expliquer et promouvoir les méthodes et les techniques de l’archéologie permettant de mieux comprendre les comportements humains et les cultures ;
- communiquer les interprétations archéologiques du passé de manière claire et accessible.
Les publics de l’archéologie sont nombreux : élèves, étudiants et enseignants ; communautés qui reconnaissent dans les archives archéologiques des aspects essentiels de leur patrimoine ; législateurs, gouvernants, journalistes, professionnels des médias et grand public. Les archéologues qui ne peuvent pas mener directement des actions de sensibilisation doivent encourager et soutenir celles conduites par d’autres.
05
Propriété intellectuelle
La propriété intellectuelle produite par l’étude des ressources archéologiques — connaissances, données et documents — fait partie de l’enregistrement archéologique. Elle doit donc être administrée selon les principes de l’intendance plutôt que considérée comme une possession strictement personnelle.
Lorsque des raisons impérieuses, des restrictions légales ou des intérêts légitimes le justifient, un chercheur peut bénéficier d’un accès prioritaire au matériel et aux documents originaux, mais seulement pendant une durée limitée et raisonnable.
06
Rapports publics
Dans un délai raisonnable, les connaissances nouvelles acquises par les archéologues doivent être présentées dans un format accessible — par la publication ou par d’autres moyens — et diffusées auprès du public intéressé le plus large possible.
Les documents et les matériaux sur lesquels reposent les publications et les autres formes de restitution publique doivent être déposés dans un lieu approprié garantissant leur conservation permanente. La protection des sites in situ doit être prise en compte lors de la publication et de la diffusion d’informations relatives à leur nature ou à leur localisation.
07
Enregistrement et préservation
Les archéologues doivent travailler activement à la préservation et à l’accessibilité à long terme des collections, des dossiers et des rapports archéologiques. Ils doivent encourager leurs collègues, les étudiants et les autres utilisateurs à faire un usage responsable de ces ressources, en privilégiant leur étude lorsqu’elle permet d’éviter de nouvelles interventions destructrices sur le terrain.
Intégrité des collections et des archives
L’éthique de l’intendance s’applique aussi bien aux sites in situ qu’aux collections et à leurs documents associés. Les enregistrements de terrain font partie intégrante des collections et ne constituent pas la propriété permanente d’un chercheur ou d’un opérateur individuel.
Notes de terrain, photographies, cartes, cahiers de laboratoire, bases de données et autres archives exigent le même niveau de gestion, de soin et de préservation que les artefacts et les autres objets recueillis. Les documents produits au cours de l’étude et du traitement des collections doivent eux aussi être archivés. Les données numériques, particulièrement fragiles, nécessitent des mesures de conservation adaptées et durables.
Caractère destructeur des fouilles
La fouille archéologique est un processus destructeur et les collections qui en résultent sont des ressources limitées et non renouvelables. Avant d’engager de nouvelles fouilles ou d’autres techniques destructrices, les chercheurs doivent, chaque fois que possible, examiner si les collections existantes et les bases de données disponibles permettent déjà de répondre aux questions posées.
Dépôt et documentation
Tout projet archéologique doit prévoir explicitement la conservation permanente des collections produites dans un dépôt approprié. Les collections et leurs documents connexes, y compris les permis requis et les actes de donation éventuels, doivent être déposés dans les meilleurs délais. Leur emplacement, leurs conditions d’accès et les restrictions applicables doivent être indiqués dans les rapports de recherche et de conformité.
Accès responsable
Les collections archéologiques et leurs documents doivent être accessibles aux utilisateurs qualifiés à des fins scientifiques et éducatives. Lorsque des restrictions sont nécessaires en raison du droit applicable, de la souveraineté ou de sensibilités culturelles, leur niveau doit être défini à l’avance et clairement communiqué à toutes les parties concernées.
La formation des archéologues doit inclure les principes essentiels de la préservation à long terme, de la conservation préventive, de la gestion des collections et de l’archivage. Une initiation à ces domaines devrait faire partie des cursus universitaires en archéologie, aux différents niveaux de formation.
Principe directeur : documenter, conserver et rendre accessible tout ce qui permet de comprendre le contexte archéologique, et pas seulement les objets eux-mêmes.
08
Formation et ressources
Compte tenu du caractère destructeur de nombreuses recherches archéologiques, les archéologues doivent s’assurer qu’ils disposent de la formation, de l’expérience, des installations et des autres moyens nécessaires pour conduire tout programme de recherche qu’ils initient, dans le respect des principes précédents et des normes contemporaines de la pratique professionnelle.